Les Chrétiens face à la mort
MA VIE DE CHRÉTIENNE AU QUOTIDIEN

Les Chrétiens face à la mort

L’année 2023 a commencé pour moi avec l’annonce du décès de ma grand-mère maternelle. Passé le choc de la nouvelle, j’ai réfléchi à la mort, à ce que cela signifiait pour moi, mais aussi pour ma grand-mère tout juste montée au Ciel. Ce texte est le fruit de mes réflexions. Je l’ai lu à l’église le jour des funérailles de ma grand-mère. J’ai eu quelque appréhension une poignée d’heures avant : ma grand-mère était décédée, nous étions tous dans la douleur de cette séparation, et j’allais lire un texte, devant un parterre de personnes essentiellement non-croyantes, parlant de la joie du Ciel ? … J’avoue avoir hésité. Est-ce que je n’allais pas choquer ? Finalement, j’ai décidé de ne pas me cacher. Ce texte reflète ce que je ressens au plus profond, et j’ai décidé de le livrer tel quel. Je crois n’avoir pas choqué. Au contraire. Je crois que Dieu a touché quelques cœurs au travers de ces mots…

Funérailles de ma grand-mère maternelle

Tu étais née un 15 août, jour de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie. Tu es retournée au Père un 1er janvier, jour de solennité de Sainte Marie Mère de Dieu. Une vie aussi bien encadrée est placée de façon éclatante sous la protection de notre maman du Ciel ! Quelle grâce ! Toi qui fus une maman, une grand-maman et une arrière-grand-maman aimante, te voilà assurément portée dans les bras de Marie pour monter au Ciel ! Cela me procure une joie incroyable ! Que Marie, dans sa tendresse de mère, vienne nous recouvrir de son manteau de douceur, qu’elle vienne apaiser nos cœurs meurtris par la séparation. Que la certitude de te savoir dans la plénitude de l’amour du Père nous réconforte et nous ouvre la voie de la sérénité.

Depuis des années, un principe dirige les séparations de ma vie : “ne pleure pas parce que c’est terminé : sois plutôt dans la joie parce que c’est arrivé”. Alors aujourd’hui, ma petite Mamie, je ne veux pas pleurer, non, je veux rire, je veux être dans la joie parce que tu fais partie de ma vie. Oui, je parle volontairement au présent ! Pourquoi parlerais-je de toi au passé, alors même que tu es bien présente dans mon coeur ? Tous ces étés passés dans la sérénité de ce petit coin de paradis qu’était votre maison font partie de moi. Toutes nos parties de cartes et de dés, le jeu du 150, le jeu de Nénette, les batailles navales, tous ces souvenirs sont émaillés de tes éclats de rire et de la joie qui nous habitait alors. Les matinées où nous t’accompagnions au bourg pour faire le tour des commerçants à qui tu parlais de nous, toujours très fière. Les après-midis au jardin, à faire de la balançoire et à partager des jeux dans la cabane sous le chêne que nous reconstruisions inlassablement, été après été, la chasse aux sauterelles, les courses d’escargots, les glaces que nous allions chercher au garage au moment du goûter et l’inévitable lavage de pieds dans le bidet en fin de journée. Les dîners partagés autour de la très grande table de la cuisine, avec des produits frais du jardin. Et les soirées de jeux autour d’un verre de menthe à l’eau. Tous ces moments sont là, bien présents dans mon coeur.

Mais mes souvenirs ne s’arrêtent pas à ma vie d’enfant ! Car mes enfants ont eu la chance de te connaître, eux aussi ! Tu ne les as pas vus souvent, mais comme tu les as aimés ! Je revois tes yeux qui s’emplissaient de tendresse rien qu’à les regarder ! Vos générations étaient séparées d’un gouffre immense, mille ans semblaient s’être passés entre ta vie et la leur, et pourtant, l’amour que tu leur portais faisait éclater en morceaux les différences de vos vies ! L’amour balaye tout sur son passage, rien ne l’arrête ! Et tout cet amour est une bulle de bien-être qui est toujours dans leurs cœurs, mais aussi dans le mien. Car cet amour dont tu les couvrais venait m’envelopper, moi aussi !

Pourquoi ton départ vers le Père devrait nous couper de cela ? Pourquoi devrions-nous repenser à ces moments avec tristesse ? Ces moments passés dans la joie et la sécurité d’un cœur aimant nous ont construits, ils font intégralement partie de nous, et, plutôt que d’y repenser avec tristesse, je fais le choix de garder en moi la joie, et d’être dans la gratitude de les avoir vécus. Ces moments, bien loin de susciter de la tristesse, sont au contraire un refuge dans lequel plonger avec délices quand nous avons besoin de réconfort !

Vierge à l'enfant
Statuette de Vierge à l’enfant veillant sur la tombe de mes grands-parents.

Aujourd’hui, tu es au Ciel. Le Pape émérite Benoît XVI t’a précédée de quelques heures aux Cieux, c’est lui qui t’a tenu la porte pour y entrer : quelle classe ! Arrivée au Ciel, tu as retrouvé Papi : je me réjouis tellement pour vous ! Je me souviens m’être demandé comment tu allais survivre à son départ, quand il nous a quittés. Vous qui vous aimiez si tendrement ! Je me souviens de tous ces petits gestes de tendresse qu’il avait pour toi, de tout cet amour qui circulait entre vous, même dans vos vieux jours, alors que l’on pourrait penser que l’amour est épuisé, arrivé à un grand âge, si fatigué qu’aucun des membres du couple n’a encore la force de le faire vivre : mais vous, vous n’avez jamais été rassasiés d’amour ! Je vous ai toujours, toujours vus prendre soin l’un de l’autre, et c’était très beau à voir. C’était inspirant. C’était merveilleux, et vous restez pour moi un modèle d’amour ! Alors, savoir que Papi t’a accueillie au Ciel, c’est une joie ! Cela doit être une sacrée fête là-haut ! Il a dû te prendre dans ses bras, t’embrasser et te faire faire le tour du propriétaire, il a bien dû te faire une petite blague, aussi ! Et maintenant les anges autour de vous dansent et chantent la joie de vos retrouvailles ! Vous êtes ensemble, désormais, et votre amour vit pour l’éternité ! Et, lorsque nous vous rejoindrons au Ciel, Papi avec son petit air espiègle, et toi avec ton regard pétillant d’amour, vous nous accueillerez main dans la main ! En attendant ce jour, vous veillez sur nous !

Vous voyez : ne soyons pas tristes ! Soyons dans la joie ! Bien sûr, cela est éprouvant pour nous de nous imaginer une vie entière sans plus te voir, ma petite Mamie. Mais, aujourd’hui, je veux choisir la joie. La joie de te savoir au Ciel, avec Papi, enveloppés de la tendresse de Marie, et nageant pour toujours dans la plénitude de l’amour de Dieu.

Poursuite de la réflexion

Ce texte me pousse à écrire un autre article, que je couve depuis bien longtemps en mon fort intérieur… Que vivent les Chrétiens face à la mort ? Qu’est-ce qui se vit en eux à ce moment crucial de la perte d’un être cher ? … Ma réflexion se poursuivra dans un article à venir…

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