Pâques 2020 | Et si la pandémie nous aidait à comprendre l’Eucharistie ? – partie 3
Après des semaines de désert effroyable, l’angoisse au maximum à l’approche de la Semaine sainte, j’ai fini par découvrir une sorte d’équilibre et une paix intérieure grâce aux messes en ligne et au parcours la Traversée du diocèse de Fréjus-Toulon. Grâce aux multiples propositions de cette équipe spirituellement dynamique, mon cœur s’est apaisé et c’est à ce moment-là seulement qu’a pu émerger en moi une meilleure compréhension de l’Eucharistie et du concept de Corps du Christ. C’est avec un grand soulagement que j’ai abordé sereinement le Triduum Pascal.
Jeudi saint
Gratitude
Au fil des jours, la messe de Mgr Rey me revigore, je sens renaître des émotions intenses lors des célébrations. Je reprends mon chapelet, que je prie à nouveau chaque jour. Nous sommes en pleine Semaine Sainte, cette semaine que j’appréhendais tellement de vivre dans la solitude et la douleur intérieures. Mais le début de semaine est très fort pour moi, et j’arrive au Jeudi saint dans un état d’esprit apaisé. La célébration de ce soir-là est riche, je suis en pleine découverte de l’Eucharistie spirituelle, l’homélie est merveilleuse, et quelque part au fond de moi, naît une grande gratitude.
Jésus
Soudain, je prends conscience de la chance que j’ai de pouvoir vivre ces célébrations malgré le confinement. Soudain, je pense à ma paroisse et je me dis que, peut-être, c’est mieux que je sois là, pleinement concentrée sur la célébration, alors que là-bas, probablement, j’aurais dû me concentrer sur les chants, ou sur les détails matériels du déroulement de la célébration, et non sur le Christ lui-même.
En ce jeudi soir, je pense au Christ. Dieu me donne la possibilité de concentrer mon attention entière sur Jésus et seulement sur lui. Et soudain je l’entends à nouveau. Je l’entends dans les battements de mon cœur et je sens sa douceur qui m’étreint. Il me suffisait d’ouvrir mon cœur, d’accepter ce qui est, pour le sentir à nouveau.
Vendredi saint
Chemin de croix
Le Vendredi saint, je m’installe à 15h pour un chemin de croix peu commun. J’ai décidé, pour ce dernier vendredi avant Pâques, d’assister à la projection, commentée par un prêtre, du film La Passion du Christ. Je l’avais vu, déjà, il y a quelques années, et il m’avait probablement touchée, mais je n’en gardais pas un souvenir impérissable. Cette fois-ci, je le regarde avec un œil plus averti, avec une foi qui a grandi entre temps, et un amour plus fort pour Jésus. J’ai beau connaître l’histoire, savoir comment elle se “termine” (façon de parler), je ne peux retenir mes larmes.
Compassion
Ma compassion pour Jésus est immense, mais c’est aussi la culpabilité qui me fait verser ces larmes. La culpabilité de ne pas savoir si, moi, à la place de ces personnes, j’aurais fait mieux. Je ne veux pas me mentir à moi-même, et je me dis que, peut-être, j’aurais été de ceux qui ont crié “crucifie-le !”. Peut-être aurais-je regardé sans réagir. J’ai mal pour lui, mal de la souffrance physique qui lui a été infligée, mais mal, peut-être encore plus, de la solitude dans laquelle il s’est trouvé. J’ai mal et je demande pardon pour ces douleurs qu’on lui a infligées.
Pardon
J’ai mal et je demande pardon pour toutes ces fois où moi-même je le flagelle, pour toutes ces fois où moi-même je le crucifie, à chaque fois que je me détourne de lui, par mes égarements, par mes erreurs, par mes mauvaises pensées… J’ai mal et je pleure de savoir que c’est moi qui, parfois, lui inflige toute cette souffrance.
La douleur de Jésus
Et, de façon inattendue, c’est comme cela que je ressens à nouveau pleinement Jésus dans mon cœur. Là où, la veille au soir, il est venu à nouveau me faire sentir sa douceur comme par un doux effleurement, cette fois-ci, je sens, presque palpable, sa présence entière et complète en mon cœur. Par la compassion infinie que je ressens pour lui, et par la tristesse d’être moi-même son bourreau.
Soudain je me rends compte que ces dernières semaines, je me suis complètement détournée de lui, en ne le voyant plus, en ne le sentant plus, alors qu’il était auprès de moi à chaque instant. D’un seul coup, je fais le parallèle : est-ce que, ces dernières semaines, je ne lui ai pas moi-même infligé cette solitude que je déplorais il y a un instant ? Je ne sais pas exprimer à quel point, soudain, sa présence en moi est prégnante, à quel point je le sens, peut-être plus que jamais encore auparavant.
Célébration
La messe du Vendredi saint est très belle, encore, et d’autant plus que je me sens pleinement habitée par l’amour de Jésus. Je ne sais pas exprimer cela de façon juste, je ne suis pas sûre que les mots existent. Mais soudain, de voir sa douleur ainsi crûment exposée devant mes yeux atterrés, j’ai commencé à comprendre encore un peu plus l’immensité de son amour pour nous, pour moi.
Qu’il ait autant souffert, sans se détourner de son chemin, par amour pour nous, cela me dépasse complètement. Je ressentais son amour, mais je crois que je le ressens encore plus maintenant. Je crois que je suis loin, encore, très loin, de ressentir l’immensité d’amour qu’il nous donne, mais j’ai fait un bond, j’ai avancé dans la prise de conscience. Les paroles d’un chant me reviennent, “qui donc est l’homme pour que tu l’aimes ?”, et je me demande comment on peut mériter autant d’amour. D’ailleurs, je ne crois pas qu’on le mérite. Je crois que s’il attendait qu’on le mérite pour nous aimer, nous ne vivrions pas dans son amour, et nous en serions encore très loin.
Samedi saint
Lectures inspirantes
C’est avec cette pleine présence de son amour immense que j’aborde le samedi saint. Je crois que c’est la première fois, depuis que je célèbre Pâques en tant que chrétienne, que je vis le samedi saint avec autant d’intensité. Comme quoi, le confinement a du bon. Je consacre ce samedi au silence, et à la lecture.
Je lis la douleur poignante de Marie, sous la plume de Maria Valtorta. Je relis l’agonie du Christ au jardin des Oliviers, par le Padre Pio, et mon cœur saigne pour Jésus qui s’est donné avec tant d’amour pour nous. Avoir l’occasion de plonger dans ce chemin d’empathie pour notre Christ, le voir en train de souffrir et de douter, me le rend plus humain et en même temps, me fait prendre encore plus conscience de l’ampleur de son amour pour nous. Mon cœur se serre, je manque d’air en pensant à tout ce mal qu’il a enduré pour nous.
Messe en demi-teinte
Lorsque l’heure de la célébration arrive, j’ai toujours le cœur serré. Je vis cette célébration dans une grande joie, toutefois teintée de tristesse. Cette tristesse qui ne me quitte pas de savoir à quel point notre Jésus a souffert pour nous. J’ai, quelque part tout au fond de moi, l’impression que notre joie en cet instant est presque déplacée, après autant de souffrances. Oui, Christ est ressuscité, mais à quel prix ! Après quelles souffrances ! Après combien de douleurs ! Par notre faute à tous ! Il est ressuscité, mais je me sens coupable de ces souffrances qui lui ont été infligées, je me sens coupable que sa résurrection soit passée par la souffrance que nous lui avons imposée, je me sens coupable de me réjouir alors qu’il a tant souffert.
Pâques
Le matin de Pâques se lève sur une grande sérénité. Mon cœur est habité par la joie. La nuit est passée par là, et bien sûr je ressens toujours cette culpabilité de ces souffrances infligées. Mais avant tout, je ressens la joie. Christ est vivant ! Christ est ressuscité ! Bien sûr, j’ai toujours cette conscience aiguë de notre culpabilité, de toute la douleur que nous avons infligée à notre Sauveur, le regardant sans rien faire.
Mais je suis pleine de gratitude. En avoir conscience est une grâce. Elle me rend la présence de Jésus encore plus précieuse qu’elle ne l’était déjà. Cela me rend d’autant plus palpable son immense amour pour nous. Je commence à mieux cerner les contours de la chance que nous avons, en tant que chrétiens, d’être aimés d’un tel amour. Et, je commence à comprendre que c’est à nous, maintenant, de faire cesser ces souffrances. À nous, maintenant, d’agir dans son amour. À nous, maintenant, d’honorer cet amour dont il nous couvre à chaque instant.
Tous envoyés
Christ est ressuscité, et avec lui, il a sorti ma foi du tombeau ! Mon cœur s’est ouvert à nouveau, et Jésus y déverse son amour et ses grâces en abondance. Christ a laissé le tombeau vide, et il a rempli mon cœur ! Christ est ressuscité, et ma foi est ressuscitée avec lui. Gloire au Christ ! Alleluia !

Comprendre l’Eucharistie
Ce chemin de Carême aura été une véritable épreuve pour moi. Mais j’en ressors avec des apprentissages non négligeables. Non seulement ma compréhension de l’amour infini de Jésus pour nous m’a été révélé d’une façon particulièrement marquante, mais aussi, je commence à mieux me représenter la notion de Corps du Christ. Ce n’est pas qu’une image. Le Corps du Christ est réel, et nous en sommes les membres vivants. En ressort pour nous Chrétiens une posture spécifique, dont je vois une déclinaison dans plusieurs domaines… qui feront l’objet d’un article futur.
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2 commentaires
Lynda Renée
J’ai bien aimé vous lire et quand vous dites « pandémie » j’espère que vous avez réalisé qu’il n’y avait pas de pandémie mais bien un plan pour détruire la foi en Dieu et instaurer le Nouvel Ordre Mondial . Je prie beaucoup et souhaite de tout coeur que ce plan ne se réalise pas mais bien franchement, les médecins honnetes le disent qu’il n’y a jamais eu de pandémie, même pas d’épidémie. Le Dr. Didier Raoult dit même que certaines années, il y a eu plus de morts que cette année et ils veulent vacciner les gens pour les marquer – le signe de la bête – nous avons besoin du Christ et de Marie plus que de la médecine.
Aurélie
Je vous avoue que j’ai de sérieux doutes, effectivement. Mais je ne souhaite pas entrer dans ce débat-là sur cette page. Il y en a tant d’autres ouvertes au débat. 🙂 Que Jésus et Marie nous viennent en aide pour enrayer la folie des hommes ! Et que Dieu vous bénisse, Lynda !