La grâce du pardon
MA VIE DE CHRÉTIENNE AU QUOTIDIEN

La grâce du pardon

Pardonner ? Oui, je veux bien, mais pas n’importe qui, et pas pour n’importe quoi ! Il ne faut quand même pas exagérer : il y a des actes absolument impardonnables ! … Et pourtant, Dieu ne nous demande-t-il pas d’aimer nos ennemis ? Comment les aimer sans leur pardonner ? C’est qu’il faut peut-être revoir nos positions. Malgré tous nos désaccords, ne sommes-nous pas, avant tout, frères et sœurs en Christ ? Par le sacrement de réconciliation, Dieu ne nous pardonne-t-il pas absolument tout ce que nous venons confesser ? Dieu n’est-il pas miséricorde ? Si Dieu peut tout nous pardonner, il pardonne également aux autres, y compris à nos agresseurs… Et, si Dieu peut pardonner à mon agresseur, qui suis-je, moi, pour décider de ne pas lui pardonner ? En ce dimanche de la Divine Miséricorde, j’avais envie d’évoquer ce sujet important du pardon.

Le pardon

Jésus souffrant sur la croix

Un des premiers versets bibliques qui m’aient interpellée au début de mon cheminement de chrétienne, ce sont ces paroles de Jésus sur la Croix : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”. Déjà, alors que j’entamais tout juste mon parcours de foi, l’idée du pardon me taraudait, et cet abandon de Jésus au Père m’avait bouleversée. Pas seulement pour la volonté de pardonner des actes aussi abjects que ceux qu’il venait de subir, pas seulement pour la confiance infinie manifestée par Jésus en notre Père céleste – tout cela, en soi, me retourne déjà le cœur d’émotion –, mais aussi pour la faiblesse confiée, pour la reconnaissance de l’humanité de Jésus, humanité incapable de pardonner et s’en remettant à Dieu pour le faire. Le pardon serait-il donc impossible à l’homme ? Le pardon serait-il donc divin ?

Nous pardonnons, pourtant. Tous les jours. Qui que nous soyons. Oui, nous pardonnons de petites choses de la vie courante, sans même y penser. Mais d’autres événements nous semblent bien moins évidents à excuser, voire même, nous paraissent absolument impardonnables. Que faisons-nous dans ce cas ? Essayons-nous de toutes nos forces de pardonner l’inconcevable ? Et si nous choisissions plutôt de confier notre détresse au Père, à l’image de Jésus sur la Croix ? Pour avoir eu l’occasion de vivre le pardon offert comme une grâce, je viens témoigner ici de la puissance et de la richesse de ce don de Dieu.

Pardonner par soi-même : une illusion ?

J’ai vécu plusieurs expériences du pardon, mais, aujourd’hui je suis bien consciente qu’à chaque fois, je n’en ai été qu’un vecteur. J’ai été traversée par la grâce de Dieu qui a opéré en moi pour m’offrir la paix du pardon. Pour autant, je n’en ai pas toujours eu conscience, et, comme avec beaucoup de choses dans l’existence, j’ai souvent cru pardonner par moi-même. 

Bien avant d’entamer mon chemin de foi, je pardonnais à tours de bras. J’ai toujours été une personne pacifique, j’ai toujours représenté la Suisse dans les nombreux conflits qui opposaient mes camarades de classe à l’école, puis mes collègues au travail. J’ai toujours détesté les disputes. Entrer dans un conflit ? Très peu pour moi ! Du coup, si l’on me faisait du mal, je choisissais immuablement de ne rien dire, de pardonner en mon for intérieur, et de passer à autre chose.

Il y avait là, pourtant, un écueil considérable : cela avait un drôle de goût d’autorisation donnée de me faire du mal. Petit à petit, je devenais la personne qui acceptait les outrages sans broncher. Sans aller jusqu’à me penser victime ou souffre-douleur, j’endossais néanmoins ce rôle de défouloir pour certaines personnes qui, plus ou moins consciemment, savaient qu’elles pouvaient dire ou faire ce qu’elles voulaient sans que cela ait aucune répercussion sur notre relation. Et, tout endurant que l’on puisse être, cela peut finir par s’avérer douloureux et difficilement supportable… et nous n’avons pas tous l’abnégation des saintes personnes…

Et puis, poussant un peu plus loin la réflexion, était-ce bien là le pardon ? N’était-ce pas plutôt un évitement ? Tirer un trait sur l’offense pour ne pas avoir à affronter l’autre ? Passer l’éponge pour ne pas risquer d’être moins aimée par l’autre, peut-être ? En réalité, effacer l’affront ne me permettait pas d’être en paix, parce que mon cœur me rappelait sans cesse l’offense subie, et cela ternissait inévitablement la relation, qui reposait alors sur des non-dits polluants. Et assurément, ce n’est pas là l’essence profonde du pardon !

 Pardonner, est-ce effacer ?

Les choses ont commencé à changer lorsque j’ai déposé mes interrogations auprès d’un ami prêtre. Il a prononcé une phrase qui m’a aidée, par la suite, à envisager le pardon sous une forme différente : “pardonner ne veut pas dire oublier”. Pardonner, oui, de tout son cœur et autant que possible. Mais savoir se protéger. Être capable d’éviter le renouvellement de l’affront. Pardonner ne signifie pas devoir se jeter à corps perdu en pâture aux agresseurs.

ContritionPour avancer sur ce point, il m’a fallu sortir de ma zone de confort – si tant est que l’on puisse nommer “confort” cette zone d’auto-offrande à l’agression ! J’ai dû oser. Oser dire l’offense. Oser exprimer la blessure. J’ai appris à dire les choses, à affirmer mon désarroi face à certaines situations qui m’affectaient. Et j’ai découvert les vertus du dialogue qui assainit et permet réellement au pardon d’advenir, par la contrition de l’autre personne, et par la prise de conscience, aussi, de certains comportements de ma part qui avaient parfois été également blessants et, donc, par ma propre repentance. Le pardon permet alors de repartir sur des bases saines.

Bien sûr, pardonner ne passe pas toujours par le dialogue, parce qu’il est parfois impossible : non accepté par l’autre, trop difficile pour nous dans certaines circonstances, ou bien les personnes concernées ne font plus partie de notre vie pour quelque raison que ce soit. Et pardonner doit parfois se conjuguer avec se protéger : s’éloigner, se mettre en retrait, se préserver – d’une personne ou d’une situation. Cela ne devrait toutefois jamais entraver le cheminement intérieur du pardon.

Mais tout cela ne concerne que le pardon humain. Une première étape, le bas de l’escalier. Notre propre implication, notre volonté d’aller vers cette vertu. Pourtant, par nous-mêmes, notre pardon n’est jamais vraiment complet. Car, dans ce cheminement, c’est un émerveillement que de laisser Dieu travailler en nous et de découvrir, petit à petit ou avec grand fracas, le pardon qui s’installe en nous. Le pardon est une grâce offerte par Dieu, un véritable don de Dieu. Si nous sommes à l’écoute, le pardon nous est offert sur un plateau. Sachons ouvrir nos cœurs pour l’accueillir !

Quand le pardon de Dieu arrive sur la pointe des pieds… 

Victime d’un agresseur dont je tairai ici les actes, j’ai rencontré cette fameuse parole du Christ sur la croix dont je parlais plus haut. Petit à petit, Dieu a travaillé en mon cœur, il a brodé, tout en douceur, minutieusement, avec patience, pour réparer mon cœur blessé. Petit à petit, Dieu m’a amenée à changer de regard sur l’agresseur. Aujourd’hui, je ne nourris plus envers lui de sentiments négatifs, parce que je le vois comme une personne dont le cœur est malade, une personne qui n’a pas eu la chance de rencontrer Jésus ni de ressentir l’amour de Dieu.

Je ne minimise en rien les faits, mais je peux séparer la personne de ses actes. Je crois que personne n’est profondément mauvais, que chacun fait comme il peut, avec ce qu’il est, avec ce qu’il a reçu, avec ce qu’il a eu l’occasion de nourrir en lui en fonction du milieu dans lequel il a évolué. Je pense que certaines personnes ont des fragilités, des cœurs infectés qui les empêchent d’agir dans le respect et l’amour de leur prochain. 

Malgré ce qu’il a fait, Dieu l’aime. Tout comme Dieu m’aime. Et s’il l’aime, qui suis-je pour le juger ? Qui suis-je pour décider de ne pas accorder “mon” pardon ? De toute façon, je ne choisis pas vraiment. Le seul choix que je fasse, c’est celui de rechercher à pardonner. Ensuite, je ne réponds plus de rien : c’est Dieu qui travaille en mon cœur, Dieu qui transforme mon regard, ma perception des choses. 

Le pardon offert par Dieu s’est immiscé en moi très progressivement, sans que je m’en aperçoive, et a revêtu la forme d’une grande paix intérieure vis-à-vis de cette personne. Je ne sais pas à quel moment a eu lieu la bascule, un jour je me suis réveillée et je n’avais plus d’aversion pour cette personne. Aujourd’hui, grâce à Dieu, je peux penser à cette personne sans éprouver de dégoût ni de rancœur. Je me sens en paix. Le pardon est venu combler les déchirements de mon cœur petit à petit, il a tapissé mon cœur de douceur et de paix. Les cicatrices sont là, bien sûr, mais elles ne sont plus douloureuses. C’est cela, l’action de Dieu.

Quand le pardon de Dieu arrive avec fracas !

J’ai eu la chance de vivre également une expérience de pardon fracassant, qui m’est “tombé dessus” sans prévenir, au moment où je m’y attendais le moins. Il y a de cela quelques années, j’ai vécu des épisodes extrêmement douloureux avec une collègue. Je n’entrerai pas dans les détails, mais je pense pouvoir parler de harcèlement et de maltraitance psychologique. J’en étais arrivée à un état de détresse psychologique intense. J’allais au travail avec une boule d’angoisse coincée dans la gorge, je ne dormais plus, et je n’avais aucune idée de la façon de me sortir de ce faux pas. 

Je savais combien cette personne me faisait du mal, et je ne pouvais en aucun cas l’éviter : nous travaillions au même endroit, je n’avais aucun moyen de passer mon chemin. Elle fomentait toutes sortes de mauvaises actions contre moi, et racontait des mensonges à mon sujet à qui voulait bien l’entendre. Elle était dotée d’une personnalité très forte, avait un grand pouvoir de persuasion – ou, devrais-je dire, d’intimidation ? Peu importe le vocable, le résultat est que cela avait pour effet de m’isoler du reste de l’équipe, personne n’osant affronter celle qui maniait à la perfection les rênes de la situation, de peur peut-être d’en devenir la victime à son tour. Je me sentais, du coup, d’autant plus vulnérable, et seule dans ma détresse.

PrièreJe priais énormément pour elle, mais à force de prier continuellement pour elle, je ne parvenais pas à me libérer l’esprit, à me reposer. Alors, arrivée aux vacances d’été, j’ai passé le relais à des amies, qui m’ont assurée de leurs prières pour ma collègue, pour que je puisse me sentir en paix : la prière pour cette collègue continuait, et je pouvais laisser mon cœur au repos.

Cela s’est passé début juillet. Au mois d’août, nous étions alors en vacances à la montagne, et nous nous sommes rendus dans une petite église à flanc de ravin pour y célébrer l’Assomption de la Vierge Marie. Ma collègue, mon école, n’étaient alors plus dans mes pensées, mon cœur était au repos et mon âme en paix. Et c’est pendant cette célébration du 15 août que, soudainement, sans prévenir, mon cœur s’est ouvert à une pluie d’amour ! D’un seul coup, alors que je n’y pensais absolument pas, j’ai reçu cette collègue dans mon cœur, et ce n’est ni de la peur, ni de l’aversion, ni de la rancœur que j’ai éprouvé alors, mais de l’amour et une immense bienveillance. Soudainement, j’ai ressenti l’amour de Dieu pour cette personne. C’était doux et léger, et en même temps très profond. 

Et c’était surtout une évidence que le pardon ne venait pas de moi. Car je “savais” que je venais de pardonner. Ou, plutôt : je venais de recevoir la grâce du pardon. C’est ce jour-là que j’ai découvert véritablement à quel point nous ne sommes pas seuls dans cette entreprise du pardon. Non, Dieu est à l’œuvre, Dieu est aux commandes. C’est lui qui pardonne et nous offre cette grâce. Nous, nous avons évidemment notre rôle à jouer. Je ne crois pas qu’on puisse recevoir cette grâce si nous ne cherchons pas à ouvrir notre cœur pour travailler en ce sens. 

C’est Dieu qui pardonne à travers nous

Ces jours-ci, il m’a à nouveau été accordé de recevoir la grâce du pardon. Je n’entrerai pas dans les détails de l’agression, mais depuis quelques mois, nous allons de plus en plus régulièrement dans une paroisse qui nous plaît de plus en plus. Nous avons beaucoup « voyagé » dans les paroisses, et nous n’avions pas encore vraiment trouvé « notre chez-nous », la paroisse dans laquelle nous nous sentions vraiment bien. Et puis, le lundi de Pâques de l’année dernière, nous sommes entrés dans cette église… et cela a été le début d’une belle histoire.

Depuis, petit à petit, nous sommes venus de plus en plus dans cette paroisse, pour finir par nous y établir. La semaine sainte cette année a été incroyable, je la raconterai dans un autre article, une pluie de grâces et un partage fraternel dans une joie intense, une véritable ambiance de Résurrection ! Et le dimanche de Pâques, je me suis dit : voilà, j’ai trouvé « ma » paroisse ! … Malheureusement, le malin est aux aguets et a essayé de me déstabiliser. Il a réussi… pendant quelques jours !

Sans rentrer davantage dans les détails, donc, le lundi de Pâques de cette année, nous avons eu la joie d’être applaudis dans cette paroisse que nous aimons tant, et puis, immédiatement après, une personne est venue me parler, et m’a blessée profondément, elle a même réussi à me faire douter de ce que j’avais ressenti comme un accueil bienveillant dans cette paroisse. J’en ai été si bouleversée que j’en ai pleuré pendant des heures, puis des jours, et je commençais même à me demander si j’allais continuer à aller dans cette église, ou si je ne ferais pas mieux de me remettre à nouveau en quête d’une nouvelle communauté.

Quand le pardon raffermit la foi

Et puis, je me suis souvenu des grâces de pardon que Dieu m’avaient offertes dans le passé. Et j’ai commencé à regarder cette personne autrement. J’ai eu l’occasion de discuter avec d’autres personnes de la paroisse, et mon cœur, petit à petit, s’est rouvert. Je n’en étais tout de même pas à l’aimer, j’avais même du mal à prier pour elle. Mais je me suis rappelé que personne n’est foncièrement mauvais, et que les personnes qui font du mal aux autres sont bien souvent elles-mêmes en souffrance. J’ai compris que cette personne n’avait probablement même pas voulu me blesser. Je me suis remise en question et demandé pour quelle raison ses paroles me touchaient à ce point.

Un échange avec le prêtre a fini de me rassurer, et, en sortant du presbytère, cette personne était là. Comme rien n’arrive par hasard, j’ai saisi cette occasion qui m’était donnée. Forte de cette parole, entendue dans l’homélie de notre prêtre la semaine précédente : « si Jésus est ressuscité, si Jésus est vivant, pourquoi avoir peur ? », je suis allée lui parler.

Aimée de DieuNous ne sommes pas tombées d’accord, mais notre discussion a été pacifique. Et, surtout, en repartant, j’ai senti mon intériorité s’apaiser. Là où, pendant une semaine entière, j’avais demandé à Dieu de m’aider à pardonner à cette personne et où mon cœur restait irrémédiablement fermé, là où, quelques minutes avant, je disais au prêtre que j’allais avoir besoin d’un peu de temps pour arriver à ouvrir mon cœur à cette personne, Dieu est venu illuminer mon cœur en un instant. Dieu est merveilleux : en quelques fragments de secondes, il répare un cœur en miettes !

Et, quelques dizaines d’heures plus tard, j’ai été à même de lui dire bonjour avec un sourire sincère, sans aucun ressentiment vis-à-vis de ce qu’elle m’a infligé de souffrances pendant une semaine entière. J’ai à nouveau reçu la grâce du pardon. Car il est évident que ce pardon fulgurant ne venait pas de moi, c’est humainement impossible ! Le Père a pardonné à travers moi ! Et je me sens tellement pleine de gratitude envers Dieu que j’en suis retournée d’amour pour lui ! Ma foi a augmenté, mon amour pour Dieu a été raffermi en un instant ! Qu’il m’aime suffisamment pour m’offrir cette paix intérieure me bouleverse d’amour pour lui ! Recevoir la grâce de pardonner est, pour moi, source d’un renforcement éblouissant de ma foi !

Recevoir la grâce du pardon

Au bout du compte, pour le pardon comme pour à peu près tout, nous n’agissons pas seuls ! Nous ne pardonnons pas par nous-mêmes. Dieu fait advenir le pardon en nous. Et c’est très différent. Cela n’a rien de commun avec toutes les expériences de “petits pardons” que j’ai pu offrir par brassées entières dans le passé – croyant sincèrement distribuer avec générosité la grandeur de mon cœur qui savait pardonner ! Mais c’est à partir de ce jour que j’ai su que jamais je n’ai été l’autrice de quelque pardon que ce soit. Je me suis juste fait chemin du pardon de Dieu. 

Alors bien sûr, cette grâce du pardon est moins impressionnante quand il s’agit de petits événements du quotidien qui n’ont aucune espèce d’importance dans notre vie. On a alors l’impression que notre grand cœur est aux commandes. Mais c’est une illusion. C’est juste que notre cœur n’a pas de mal à s’ouvrir quand il s’agit de se laisser traverser par le pardon sur de petits outrages tout à fait bénins. Pour cela, il s’ouvre sans même y penser. Mais c’est bel et bien Dieu qui agit en nous, même dans ces moments-là. C’est bien Dieu qui pardonne au travers de nous. C’est bien Dieu qui nous offre de pardonner. 

Car pardonner, au final, qu’est-ce donc ? Est-ce que le pardon offre quoi que ce soit à l’autre ? Bien sûr, le fait de pardonner offre des relations apaisées et permet de se sentir à l’aise une fois le pardon prononcé. Le pardon peut évidemment soulager une grande repentance et une mauvaise conscience si la personne a conscience de son offense. Mais la personne qui est réellement changée à l’intérieur, c’est celle qui accepte de se laisser traverser par la grâce de Dieu qui offre le pardon. Quelle que soit l’offense pardonnée, quel que soit le niveau de gravité des faits pardonnés, le pardon laisse en soi une immense paix intérieure. Le pardon laisse serein. Le pardon libère. Le pardon offre un cœur léger. Peut-on s’offrir cela par soi-même ? Il est évident que non. Dieu seul peut nous offrir une telle paix. Le prêtre en parlait aujourd’hui dans son homélie : nous n’avons pas de paix, c’est la paix de Dieu qui est en nous ! Et Dieu peut nous l’offrir parce qu’il nous aime profondément, et un tel constat me retourne complètement. Je meurs d’amour pour un Père qui nous aime tant !

“Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”

Jésus en croixEn s’exprimant ainsi, Jésus nous donne, je le crois, une vraie clé. Car, oui, c’est bien Dieu qui pardonne. Seuls, nous ne pouvons rien. Si, dans les “petits pardons du quotidien”, l’action de Dieu peut facilement passer inaperçue, il n’en est rien dans les événements difficiles à pardonner. Confions-nous avec confiance à ce Dieu d’amour qui ne veut que notre bien. Déposons auprès de notre Père aimant nos souffrances, parce que lui seul est capable de transcender nos douleurs et de nous offrir la paix intérieure. Son profond amour pour nous vient tout réparer. La seule étape qui nous appartient est celle d’avoir la volonté de pardonner. Alors, seulement, nous préparons notre cœur et pouvons laisser Dieu agir. Et Dieu n’agit jamais à moitié. Avec force ou avec douceur, lentement ou soudainement, son amour rétablit la paix en nous. Toujours, si nous le laissons faire.

Comme à peu près tout dans la vie, on est loin, très loin d’avoir fait le tour de la question, bien sûr. Le fera-t-on jamais (durant notre vie terrestre, du moins) ? Nous avons encore de nombreuses choses à découvrir dans ce domaine comme dans tant d’autres. Mais une chose me semble aujourd’hui évidente. Le pardon est indissociable de l’amour. Le pardon, c’est l’amour de Dieu en action. Pardonner, c’est aimer. Mais pardonner, finalement, n’est-ce pas une façon de se laisser aimer par Dieu ?

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